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"LexField a été le premier cabinet à utiliser un nom générique"

18 janvier 2022

4 min

Magerotte
Pierre-Yves Magerotte, fondateur de LexField, raconte les défis qu'il a dû surmonter pour créer son propre cabinet.

Jusqu’en 2009, vous avez travaillé, d’abord au sein d’un grand cabinet d’audit puis, comme avocat dans une étude indépendante avant de fonder le cabinet LexField. Qu’est-ce qui a motivé ce changement ?

J’ai commencé en tant que tax advisor chez PWC à Luxembourg. Cette période a été très formatrice, mais après trois ans dans la société, j’ai ressenti une certaine limite en termes de relation directe avec le client et de possibilité de développer une clientèle. J’ai donc fait le choix d’intégrer un cabinet d’avocats indépendant spécialisé en droit des affaires pour avoir ce contact direct avec les clients. Quand je suis arrivé, nous étions encore peu d’avocats, mais la croissance du cabinet a été rapide et nous sommes vite passés à 70. Dans ce cabinet, j’ai pu apprendre la profession d’avocat, observer les aspects liés à la gestion d’une étude et développer ma clientèle et mes équipes. J’ai même pu développer la pratique de planification patrimoniale. J’ai appris énormément, tant au niveau technique qu’au niveau entrepreneurial.

J’étais un jeune juriste avec un moteur, l’envie d’entreprendre, l’envie de créer sa propre société. Quand j’ai eu 29 ans, le cabinet allait prendre une direction qui me plaisait moins et c’est là que j’ai décidé de fonder ma propre étude. Quelques clients m’ont suivi, ce qui m’a permis de démarrer l’activité.

 

Quels sont les défis que vous avez rencontrés en tant que founding partner ?

Avant toute chose, le premier défi a été de trouver un nom. LexField a d’ailleurs été l’un des tout premiers cabinets à recevoir l’approbation du Barreau pour utiliser un nom générique et non le nom des associés. C’est un des associés de l’époque qui a eu cette brillante idée.


Le deuxième défi a été de développer la clientèle du cabinet. Nous avons très rapidement rejoint un réseau international d’avocats qui nous a aidés au début à trouver nos premiers dossiers. Nous avons choisi un réseau de cabinets similaires à LexField, c’est très important de partager les mêmes problématiques pour pouvoir échanger, s’entraider et bénéficier de nombreux conseils. Par ailleurs, ce réseau nous a permis de pouvoir étendre les services de LexField sur la scène internationale. Je me suis beaucoup impliqué dans ce réseau, notamment en développant la pratique du droit fiscal.


Un autre enjeu a été de trouver des personnes qui partagent la même vision de la profession. Le cabinet a d’abord été créé sous la forme d’une association, mais je me suis vite rendu compte que ce serait difficile d’avoir une vision commune sous cette forme juridique. C’est pour cela que j’ai décidé de créer une société. Avec la société, l’identification est plus simple et nous pouvons travailler dans le même sens pour un projet commun. Construire une équipe avec des collaborateurs qui partagent cet esprit d’entrepreneur, qui s’impliquent dans la gestion, le développement et l’évolution du cabinet, c’était ma volonté dès le départ et c’est ce qui fait l’ADN de LexField. C’est aussi une de nos forces : quand un chef d’entreprise nous sollicite sur une problématique, nous pouvons le conseiller au mieux, car en tant qu’entrepreneurs nous avons rencontré les mêmes obstacles. Le dernier challenge que nous avons rencontré concerne les couches réglementaires successives en matière fiscale et de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme : les obligations qui en découlent et le recrutement de personnel spécifique, ainsi que les différentes actions et mesures de prévention à mettre en place sont des éléments qui prennent une place considérable dans la gestion du cabinet.

 

Pourquoi avez-vous choisi un nom générique ?

Tout d’abord, il était préférable de trouver un nom à consonance internationale pour des raisons d’image et d’attractivité, notre travail étant multi-juridictionnel au service d’une clientèle internationale. Nous voulions également nous différencier de la tradition des associations d’avocats. De plus, il est beaucoup plus simple d’intégrer au projet un associé externe si le nom est générique.

 

Quelle est la stratégie d’évolution de votre cabinet ?

Depuis le début, le cabinet s’est développé sur quatre piliers : private wealth, private equity, fonds d’investissement et fusions & acquisitions. Parti d’une page blanche, notre objectif est de positionner LexField en tant qu’étude reconnue pour son expertise et ses conseils dans ces quatre pratiques, ce que nous sommes en train d’atteindre et qui se reflète par notre présence dans plusieurs classements de guides juridiques.


Dans un contexte réglementaire de plus en plus complexe et contraignant, les sociétés et entrepreneurs sont soumis à d’énormes pressions. Afin de répondre pertinemment et efficacement aux besoins des clients, notre stratégie est de renforcer les équipes et de développer des expertises dans des domaines spécifiques, tels que, par exemple, la finance durable ou l’assurance.

 

De plus, nous souhaitons que nos avocats aient une vue à 360° des dossiers qu’ils traitent : il est important que chacun comprenne et ait les bons réflexes, que ce soit en fonds d’investissement, en droit fiscal ou en droit des sociétés.


Nous pensons que nos collaborateurs doivent apprendre à être des entrepreneurs : il faut connaître les arcanes du fonctionnement du cabinet, savoir trouver de nouveaux clients, comment les aborder, trouver le bon discours en proposant les solutions adéquates à leurs besoins pour les convaincre de venir chez nous. Le but est de les préparer à devenir associés pour assurer la pérennité du cabinet et l’inscrire dans la continuité.

 

Comment imaginez-vous le métier d’avocat dans dix ans ?

C’est une question extrêmement compliquée. Avant de penser à la situation dans dix ans, il faudra négocier la situation post-Covid. Le télétravail et une certaine flexibilité ont pris une place majeure dans le souhait des travailleurs aujourd’hui.


Il faudra responsabiliser les jeunes collaborateurs, la relation de confiance est la base de cette évolution. La liberté et l’autonomie sont extrêmement enrichissantes pour tout le monde pour autant que des moments d’échange et de rencontre soient maintenus tels que les événements et les réunions.


Je pense aussi qu’il y aura un essor marqué des legaltechs qui permettent d’accélérer la préparation de documents et les recherches juridiques. À ce propos, je constate que la manière de rechercher l’information juridique a radicalement changé. Mon père était avocat et il avait une bibliothèque d’ouvrages imprimés beaucoup plus fournie que celle dont je dispose aujourd’hui ! Maintenant, nous avons accès à des fonds de jurisprudence énormes grâce à des moteurs de recherche extrêmement puissants et pertinents.


Dans dix ans, tout ira plus vite. Tout sera beaucoup plus digitalisé pour un gain de temps précieux. Mais la réflexion et la créativité resteront au centre du quotidien de l’avocat.

 

Retrouvez l'intégralité des témoignages en cliquant sur le lien suivant : Le droit, l'audace et l'innovation - Les avocats de Luxembourg témoignent.
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Benedetta Antola

Benedetta a suivi une formation juridique en Italie et est diplômée de HEC.

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