<img height="1" width="1" style="display:none" src="https://www.facebook.com/tr?id=3878452268881693&amp;ev=PageView&amp;noscript=1">

"Ce qui me fascine aujourd’hui, c’est l’innovation par le droit"

18 janvier 2022

2 min

schiltz
Jean-Louis Schiltz, ancien ministre et désormais avocat, évoque les impacts de l'innovation juridique au Luxembourg.

Vous avez été avocat, ensuite ministre et puis vous êtes redevenu avocat. Pouvez-vous revenir sur cette carrière peu commune ?

J’ai commencé ma carrière dans le secteur privé et j’ai toujours été intéressé par la politique. J’ai été candidat aux élections communales à l’âge de 35 ans, mais je n’ai pas été élu. Je suis ensuite devenu ministre à 39 ans, en 2004. J’avais fait mon entrée au Parlement juste avant. J’ai ensuite quitté le gouvernement en 2009 pour devenir chef de groupe au Parlement à 44 ans. J’ai finalement quitté la politique à 46 ans. Puis, retour dans le secteur privé depuis presque onze ans également maintenant. Ainsi, j’ai passé onze années dans le secteur privé et onze années en politique !

 

Considérez-vous que l’open data des décisions de justice soit une opportunité pour les avocats luxembourgeois ?

Je pense que l’accès à l’information est primordial pour l’avocat. Beaucoup de progrès ont été faits à Luxembourg ces dix dernières années, mais je suis persuadé que nous pouvons encore améliorer les choses ; d’ailleurs, Predictice y contribue.


Le partage d’information permet une analyse à la fois plus fine et meilleure. Je considère que l’accès à l’information et l’accès aux décisions de justice sont primordiaux.

 

Vous êtes aussi Professeur honoraire à l’université. Ce poste vous permet-il de promouvoir vos idées en matière d’innovation dans le domaine de la Fintech ou du droit de l’espace et, si oui, comment ?

J’ai commencé comme assistant à la Sorbonne quand j’avais 23 ans. J’ai ensuite été chargé de cours au Centre universitaire à Luxembourg pendant une dizaine d’années. Après mon expérience en politique, j’ai à nouveau rejoint l’université en 2011. J’aime beaucoup l’échange avec les étudiants.


Ce qui me fascine aujourd’hui, c’est l’innovation par le droit. J’en ai un peu fait mon slogan, si vous voulez. Je m’intéresse beaucoup aux technologies et en particulier à la question de savoir comment articuler les questions juridiques par rapport à ces nouvelles technologies. L’innovation par le droit est ici le maître-mot : je discute souvent avec mes étudiants des sujets sur lesquels il n’y a pas de réponses toutes faites dans la législation ou le droit en général actuellement. J’ai la chance d’enseigner en master 2, donc avec des étudiants qui ont pratiquement terminé leur cursus et qui donc sont parfaitement aptes à mener ce genre de discussions. Et j’ai la modestie de croire que les étudiants peuvent apprendre certaines choses au travers des discussions et des échanges que nous avons. L’inverse est certainement vrai : j’apprends moi-même beaucoup grâce aux étudiants.

 

Quels conseils donneriez-vous à un avocat qui souhaiterait lancer son étude l’an prochain ?

Je ne sais pas si je voudrais lui donner des conseils parce qu’il devra en réalité se faire sa propre idée de son projet. Je suis admiratif des jeunes qui se lancent et il y a plusieurs beaux exemples au Luxembourg.


Je crois néanmoins que la spécialisation de l’avocat qui se lance est nécessaire aujourd’hui : je fais probablement partie de la dernière génération d’avocats généralistes, quoique nous nous soyons aussi spécialisés avec le temps. Les jeunes avocats, aujourd’hui, ont souvent des connaissances très pointues dans des domaines très spécifiques. Je crois que dans dix ou quinze ans, il n’y aura plus que des avocats spécialistes. Enfin, je pense qu’il ne faut pas sous-estimer les contraintes administratives lorsque vous créez votre propre cabinet. Il faut donc bien préparer les choses dès le début !

 

Retrouvez l'intégralité des témoignages en cliquant sur le lien suivant : Le droit, l'audace et l'innovation - Les avocats de Luxembourg témoignent.
Picture of Benedetta Antola
Benedetta Antola

Benedetta a suivi une formation juridique en Italie et est diplômée de HEC.

Accueil  ›   Témoignages  ›  "Ce qui me fascine aujourd’hui, c’est l’innovation par le droit"

Chaque mois, retrouvez l’essentiel de l’actualité juridique analysée par les meilleurs experts !