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"Lancer notre cabinet en Suisse a été un vrai défi professionnel"

18 janvier 2022

3 min

felten
Bernard Felten, associé fondateur de Felten & Associés, décrit son parcours plein de rebondissements.

Vous avez un parcours particulièrement riche. Pouvez-vous nous raconter comment vous en êtes arrivé là ?

Il est vrai que mon parcours est particulier : à la différence de ceux qui ont la vocation pour la profession d’avocat, pour moi, c’était tout le contraire. En fait, j’ai choisi le droit afin de me distinguer dans une famille d’ingénieurs. Mon premier employeur était une banque à Luxembourg qui m’a embauché comme juriste dans le département de l’ingénierie patrimoniale. Ils m’ont fait jurer que jamais je ne rejoindrais le Barreau car leur dernier juriste venait de devenir avocat !


J’étais le seul juriste de la banque. J’étais consulté sur des sujets extrêmement vastes et variés, ce qui était très enrichissant et en même temps très frustrant, car le conseil d’administration auquel je rendais compte demandait systématiquement confirmation à des avocats externes. Je me suis donc dit qu’il était nettement plus valorisant d’être avocat.
D’ailleurs, c’est toujours cette banque qui m’a aidé quand, au bout de trois ans, j’ai annoncé que je partirais passer le Barreau. Grâce à un directeur de cette banque qui avait entre-temps monté sa propre société de conseils, j’ai pu me lancer avec un premier client, ce qui est absolument fondamental pour monter son propre cabinet.


Au fil du temps, le cabinet s’est développé autour du conseil patrimonial. Très rapidement, les clients nous ont sollicités sur d’autres sujets et je me suis associé avec un avocat spécialisé en contentieux.


Notre cabinet existe depuis 1992 et notre vision est de le garder à taille humaine. Nous avons la chance de pouvoir compter des clients qui nous sont très fidèles et avons choisi de privilégier un relationnel de qualité avec un nombre limité de clients.

 

Pourquoi avoir décidé de lancer le cabinet en Suisse ?

C’était un vrai défi professionnel. Il y avait beaucoup d’interactions entre la Suisse et le Luxembourg, principalement dans le domaine des fonds d’investissement et du secteur bancaire. Beaucoup de nos clients (banques et sociétés de gestion) ont envisagé de s’établir dans d’autres pays. Le choix du Luxembourg s’impose souvent pour des acteurs suisses car il y a une stabilité politique et fiscale qui rend leurs opérations prévisibles. Ces facteurs attirent les sociétés étrangères qui veulent offrir leurs services à des clients établis dans l’Union européenne.


Nous avons donc accompagné un certain nombre d’acteurs suisses dans leur établissement à Luxembourg et inversement certains acteurs luxembourgeois à s’installer en Suisse. Créer un fonds d’investissement, prendre une participation dans un acteur local ou s’établir dans l’un des deux pays sont des opérations qui nous sont familières et qui ont été rendues plus facile depuis que nous disposons d’une présence à Genève.


En dehors des acteurs du secteur financier, nous avons par ailleurs accompagné un certain nombre de personnes morales et physiques dans le développement de leurs affaires en Suisse notamment dans le domaine de la santé, de l’immobilier ou d’un changement de résidence vers la Suisse.

 

Vous avez étudié en Belgique et ensuite commencé votre carrière à Luxembourg. Avez-vous trouvé des similarités dans les deux systèmes juridiques ?

Oui, tout à fait. Le législateur luxembourgeois s’inspire souvent et avec intelligence des législations des pays qui nous entourent. Sur base de ces législations étrangères corrigées de leurs faiblesses de conception, le droit luxembourgeois se développe. Il y a donc forcément souvent beaucoup de similitudes avec des droits étrangers. Pour ce qui concerne le droit des sociétés par exemple, c’est le droit belge qui est historiquement notre source d’inspiration.


Le droit de la responsabilité a été inspiré par le droit français. Le droit fiscal vient d’Allemagne parce qu’après la Seconde Guerre mondiale, le législateur était d’avis que le système allemand était efficace.


Une approche en droit comparé s’impose donc très souvent. Nous avons la chance d’avoir de grands pays autour de nous qui sont autant de sources de réflexion et d’inspiration.

 

Comment envisagez-vous l’avenir de Felten & Associés ?

Il me semble primordial de bien gérer le virage technologique qu’est la digitalisation. C’est d’ailleurs pour cela que nous avons le plaisir de connaître Predictice. Je crois qu’un des grands défis est de tirer le meilleur parti de l’intelligence artificielle et de manière générale de tous les progrès technologiques qui permettent d’automatiser sinon de faciliter la gestion de notre travail.


Je fais partie du camp des optimistes qui ne voient pas l’arrivée de cette technologie comme une menace, mais plutôt comme une opportunité, dans le sens où je pense que nous allons pouvoir automatiser certaines tâches et gagner en temps et en efficacité également dans nos recherches juridiques.
Fort de ces outils, l’avocat pourra se concentrer sur des tâches à plus haute valeur ajoutée au grand bénéfice de ses clients.

 

Retrouvez l'intégralité des témoignages en cliquant sur le lien suivant : Le droit, l'audace et l'innovation - Les avocats de Luxembourg témoignent.
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Benedetta Antola

Benedetta a suivi une formation juridique en Italie et est diplômée de HEC.

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