Comment facturer autre chose que son temps ?

5 juin 2020

4 min

Tournage de l'Académie Predictice
Les conseils d’Alexandre Chéronnet, co-fondateur et managing director chez Predictice, sur les modalités de facturation des nouveaux outils de recherche juridique.

Un avocat peut-il compresser son temps de recherche ?

Pour le client, trop de temps passé par son avocat sur son dossier est souvent interprété comme un manque de spécialisation ou de performance

 

Dans un contexte général de complexification de la réglementation et des procédures, les avocats optent souvent pour une (sur)spécialisation. Les cabinets d’avocats tendent à diviser leurs équipes entre conseil et contentieux et l’on voit parallèlement croître les pratiques dites de niche. 

 

La facturation d’heures liées à de la recherche d’informations est de moins en moins acceptable pour le client.

 

Pour rappel, pour 26% des clients la question des honoraires a été une source d’insatisfaction dans leur relation avec leur conseil. Un client qui consulte un avocat spécialisé en droit de la famille a du mal à accepter que celui-ci passe plusieurs heures à consulter la jurisprudence sur le sujet. Néanmoins, un temps de recherche et d’analyse (même sous-traité à un excellent collaborateur ou stagiaire) est incompressible. 

 

Dès lors, comment s’y prendre ? 

 

La bonne nouvelle est qu’il existe aujourd’hui des outils qui font levier sur l’intelligence artificielle pour simplifier ces tâches de recherche et d’analyse (Comparatif des outils de justice prédictive) ! 

 

Le temps passé peut révéler les faiblesses de l’organisation d’un cabinet

La facturation au taux horaire a longtemps été le mode de facturation le plus légitime pour les cabinets d’avocats, notamment car elle permet en parallèle une mesure de la performance et de la rentabilité des équipes.

 

Malheureusement, les heures passées à comprendre et analyser le contexte applicable à un dossier et à produire un rendu sont de plus en plus suspectes. 

 

Ainsi les clients, notamment les entreprises, pointent de plus en plus du doigt les dérapages d’honoraires en raison des problèmes suivants : 

 

  • manque de structuration pour centraliser l’information ; 

   

  • système hiérarchique vertical induisant une perte d’efficacité dans le traitement du dossier et production de documents récurrents sans processus d’automatisation mis en place (à l’heure du succès croissant des plateformes de génération automatique de documents juridiques). 

    

La mise en lumière détaillée dans la note d’honoraire des tâches liées à la recherche de l’information est source de friction avec le client au moment de la facturation.

 

La facturation au taux horaire introduit un conflit d’intérêt entre l’avocat et son client

A l’heure de l’automatisation des services juridiques les plus simples, la valeur ajoutée d’un avocat réside dans la personnalisation de son conseil et dans la relation de confiance tissée avec son client.

 

Néanmoins, une telle relation ne peut se nouer qu’à la suite de nombreux échanges. Une relation pérenne entre un avocat et son client est une relation dans laquelle l’avocat maîtrise suffisamment l’historique personnel de son client pour créer chez ce dernier un coût d’opportunité à changer de conseil. 

 

La facturation au taux horaire crée une barrière psychologique forte chez le client qui perçoit le simple contact et l’échange avec son conseil comme une prestation payante. 

 

Il est donc recommandé de déplacer la valeur de la prestation du temps passé avec son client ou sur son dossier vers des éléments plus tangibles. 

 

Voici quelques exemples de prestation que vous pouvez standardiser et forfaitiser aisément : 

 

  • un atelier sur les bonnes pratiques dans le cadre de l’entrée en vigueur d’une nouvelle réglementation ;

   

  • une infographie personnalisée reprenant les différentes étapes juridiques de l’arrivée et à la sortie d’un nouveau salarié ;

   

  • la production d’une analyse de risque juridique chiffrée et visuelle sur un risque judiciaire.
 

L'astuce de startup : utiliser un rapport d’analyse extrait de Predictice pour convaincre un prospect

La plupart des avocats font face de manière récurrente à des questions telles que : « Quelles sont les chances de gagner un procès ? » ou « Combien dois-je provisionner ? ». 

Les outils d’aide à la décision comme Predictice permettent d’accroître la prévisibilité des contentieux et de mieux conseiller ses clients, notamment en faisant un export d’un rapport de risque sur la problématique du dossier en cours.

 

Sur Predictice, plus de 900 analyses sont possibles, toutes matières confondues. Les clients bénéficient d’une idée claire de leur chance de succès ou du montant des indemnités qu’ils peuvent espérer gagner en fonction de leur juridiction, de leur ancienneté, de leur salaire, du taux de dépendance économique, de la durée de leur mariage…. 

 

Outre une amélioration sensible de la relation client, la transmission des rapports d’analyse peut également constituer une source de revenu dans la mesure où ils sont susceptibles d’être facturés comme une prestation complémentaire. C’est également un atout indéniable dans le cadre d’une négociation.

 
Alexandre Chéronnet fait partie des professionnels interrogés par Predictice dans le cadre de la rédaction du Guide à destination des avocats entrepreneurs, un concentré de conseils d’experts pour optimiser le développement de son cabinet d’avocats.

 

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Sur la photo : Stéphane de Szolnok, équipe Sales de Predictice en réunion dans les locaux de Predictice

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Alexandre Chéronnet

Après une formation d'avocat, Alexandre est devenu directeur de opérations chez Predictice où il aide les professionnels du droit à gagner en temps et en performance.

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