Predictice et l’AFDD mettent le diplôme doctoral à l’honneur

31 octobre 2019

5 min

Interview Jacques Mestre
A l’occasion d’un colloque organisé par l’Association Française des Docteurs en Droit, nous avons eu la chance d’interviewer son président, Monsieur le doyen Jacques Mestre.

Comment se porte l’Association Française des Docteurs en Droit?

Je crois pouvoir dire qu’elle se porte, dans l’ensemble, bien. Reconnue d’utilité publique depuis une cinquantaine d’années, son objet est triple : valoriser le diplôme de doctorat en droit ; soutenir celles et ceux qui s’engagent dans cette voie et la mènent à bien, et enfin être une force de proposition en droit.

 

Sur tous ces points, le travail de mon prédécesseur Daniel Tricot et de son équipe a été positif, et nous permet aujourd’hui de poursuivre les efforts de façon efficace, à travers notamment l’organisation de colloques réguliers, à Paris et en province (récemment, Toulouse et Clermont), de déjeuners mensuels autour d’un conférencier, d’un traditionnel dîner annuel au Sénat et d’afterworks à l’intention plus particulièrement des jeunes.

 

Plusieurs groupes de travail ont été récemment mis en place sur des thèmes variés (Start-up, Ressources maritimes, Arbitrage, Contrats d’affaires, Fondations), et notre revue électronique « Les Horizons du Droit » monte également en puissance. D’où, d’ailleurs, le rétablissement de la formule d’un Congrès national annuel qui, pour 2019, vient de se tenir à Marseille les 4 et 5 octobre dernier, sur le thème de l’exigence de performance vue par les juristes. Et aussi, la récente ouverture d’un Forum électronique, en parallèle à notre site informatique plus traditionnel. (https://afdd-forum.blog/).

 

Le Forum AFDD

Bref, l’AFDD bouge incontestablement, et elle a naturellement besoin de toutes ses forces potentielles que constituent les docteurs, jeunes et moins jeunes, et plus généralement de tous les juristes intéressés par ses actions, lesquelles sont volontairement très largement ouvertes vers tous les professionnels du droit, les institutions publiques et les entreprises.

 

En tant que président de l’AFDD, y a-t-il un projet qui vous tient particulièrement à cœur ?

S’il fallait en évoquer un, je retiendrais le souhait de voir se mettre en place un véritable réseau des docteurs en droit étrangers ayant fait leur thèse en France. Sur les 700 thèses en droit qui sont soutenues chaque année, 300 le sont par de jeunes chercheurs qui ont fait confiance à notre pays pour venir y passer plusieurs années et y accomplir cet acte si personnel qu’est la rédaction d’une thèse de doctorat.

 

Dès lors, maintenir ensuite avec eux un lien durable, et en faire en quelque sorte des ambassadeurs privilégiés du droit français me paraît essentiel. Cela nécessite évidemment quelques moyens matériels, notamment pour faire vivre ce réseau à partir, sans doute, d’un Congrès constitutif à Paris en octobre 2020, mais cela suppose aussi, et surtout, beaucoup d’énergie et d’enthousiasme, et à ces égards, l’AFDD n’est pas trop mal lotie, avec notamment l’apport de beaucoup de jeunes docteurs qui l’ont rejointe ces derniers temps…

 

Pourquoi est-il important de promouvoir le diplôme de doctorat ?

 

Parce que, dans un monde qui devient de plus en plus technique, l’acquisition de méthodes de recherche est essentielle.

 

Comme l’est la capacité de réflexion individuelle, ou encore la construction d’un projet personnel, ici élaboré autour d’une idée que l’on défend, d’une innovation que l’on éclaire, d’une comparaison internationale que l’on approfondit.

 

Evidemment, toutes ces qualités ne sont pas réservées aux seuls docteurs en droit, mais ceux-ci, à mes yeux, ont une vocation assez naturelle à les mettre en œuvre. Et les efforts que nous accomplissons à l’AFDD pour le faire apparaître me paraissent quand même porter leurs fruits, comme en témoigne, par exemple, la récente réponse donnée à un parlementaire par le Ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation qui souligne l’absolue nécessité de préserver la passerelle des docteurs en droit vers le Barreau.

 

Le 26 novembre prochain, se tiendra un colloque organisé par l’AFDD à l’occasion de la publication de l’ouvrage Droit en mutation II. Quelles grandes mutations seront à l’honneur ?

David Richard et Matthieu Quiniou, avocats docteurs en droit, ont pris la très heureuse initiative il y a deux ans de rassembler dans un ouvrage collectif une trentaine de contributions de leurs confrères docteurs, autour de thèmes très divers, souvent inspirés par les sujets de thèse, mais que fédérait cependant le même souci d’éclairer les mutations juridiques contemporaines.

 

Et c’est donc aujourd’hui la sortie d’un deuxième tome, toujours tourné vers ces évolutions, qui sera fêtée lors du colloque du 26 novembre, avec l’évocation de quelques-uns des thèmes traités, depuis la QPC dans le domaine pénal jusqu’à la fiscalité écologique en passant par les start-up ou encore le statut du malade…

 

Pourquoi avoir choisi d’organiser ce colloque en partenariat avec Predictice ?

Parce que Predictice est une entreprise très dynamique, avec laquelle nous avons déjà participé à plusieurs manifestations très réussies sur la place de l’intelligence artificielle en Droit.

 

Son directeur général Louis Larret-Chahine a également toujours manifesté beaucoup d’intérêt pour la recherche en droit et pour les jeunes docteurs, dont plusieurs ont d’ailleurs intégré la structure. J’ajoute que l’accueil que nous réserve Predictice dans ses locaux est particulièrement sympathique et chaleureux, et que l’AFDD s’y sent donc presque chez elle…

 

Locaux Predictice

Le colloque “Doctorat en droit : une perspective juridique et au-delà” de l’AFDD est organisé dans les locaux de Predictice au 33 rue La Fayette, Paris 9ème

 

Predictice permet d’analyser la jurisprudence pour en tirer des informations chiffrées (par ex.; taux d’acceptation d’une demande en réparation d’actes d’harcèlement moral devant la Cour d’appel de Poitiers). Quelles sont selon vous l’utilité et la portée de ces nouvelles formes d’analyse ?

A l’évidence, le développement prodigieux des technologies place aujourd’hui les juristes à la croisée des chemins car ceux-ci doivent s’efforcer d’en retirer le meilleur tout en se préservant, sinon du pire, du moins de l’imparfait ou du médiocre. Et, à cet égard, la démarche de Predictice me paraît précisément constituer pour eux une très utile aide positive à la décision qu’il leur reviendra, au final, de prendre.

 

Pouvoir connaître le taux que vous évoquez ne résout évidemment pas la question de droit ni, a fortiori, celle, tout aussi essentielle, de la fourniture des preuves, mais elle permet au juriste de mieux cibler ses objectifs (ses challenges, pourrait-on dire dans une approche risquée des choses juridiques !) et donc remplir la mission attendue par celles et ceux qui se tournent vers lui.

 

Cerner pour mieux agir, telle pourrait être finalement une devise raisonnable de l’intelligence artificielle en droit, et Predictice nous paraît parfaitement remplir ce rôle stratégique. 

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Julia Boccabella

Diplômée en droit, Julia est en charge de la formation et de l'accompagnement des utilisateurs de Predictice.

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